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Guide du dirigeant : structurer sa gouvernance en phase de croissance

Ce qui fonctionnait à trente personnes cesse de fonctionner à quatre-vingts. Un guide en six étapes pour construire une gouvernance à la mesure de ce que vous êtes devenus.

Couverture du guide sur la gouvernance des entreprises en croissance
Couverture du guide sur la gouvernance des entreprises en croissance

Ce guide s’adresse aux dirigeants d’entreprises ayant doublé d’effectif en moins de trois ans. Il est librement utilisable dans votre organisation.

Le symptôme

Vous passez vos journées à arbitrer des sujets qui ne devraient pas remonter jusqu’à vous. Vos réunions de direction s’allongent sans produire davantage de décisions. Des chantiers importants avancent sans que personne ne sache qui les porte.

Ce n’est pas un problème de personnes. C’est le signe qu’une gouvernance informelle a atteint sa limite d’échelle.

Étape 1 — Recenser les décisions réellement prises

Pendant quatre semaines, notez chaque décision qui remonte jusqu’à vous : son objet, son montant ou son enjeu, et qui l’a portée.

La liste obtenue est presque toujours révélatrice. Une majorité de ces décisions relève d’un niveau inférieur et n’est remontée que faute de règle explicite.

Étape 2 — Fixer des seuils de délégation

Écrivez, pour chaque nature de décision, le niveau auquel elle se prend : recrutement, investissement, engagement commercial, dérogation à un processus.

Un seuil chiffré vaut mieux qu’un principe. « Le directeur d’activité engage jusqu’à 25 000 euros » est applicable ; « le directeur d’activité dispose d’une autonomie appropriée » ne l’est pas.

Étape 3 — Distinguer trois types d'instances

  • Le comité de direction décide. Il est restreint, se réunit toutes les deux semaines, et son ordre du jour ne comporte que des points appelant un arbitrage.
  • Le comité opérationnel coordonne. Il est plus large, hebdomadaire, et ne décide rien.
  • Les revues thématiques instruisent. Elles sont ponctuelles et préparent les décisions du comité de direction.

La confusion entre ces trois natures est la cause principale des réunions interminables.

Étape 4 — Écrire les règles du comité de direction

Qui y siège, à quelle fréquence, qui prépare l’ordre du jour, comment un point y est inscrit, comment les décisions sont consignées et diffusées.

Ce document tient en une page. Son absence coûte plusieurs heures par semaine.

Étape 5 — Organiser la remontée d'information

Un tableau de bord de dix indicateurs, pas davantage, revu mensuellement. Choisissez-les avec vos directeurs : ceux qu’ils utilisent déjà valent mieux que ceux que vous aimeriez avoir.

Étape 6 — Prévoir la révision

Une gouvernance dimensionnée pour quatre-vingts personnes ne conviendra plus à cent cinquante. Inscrivez dès maintenant une revue à dix-huit mois.

Erreurs fréquentes

  • Créer les instances avant d’avoir clarifié les délégations : on ajoute des réunions sans réduire les remontées.
  • Copier la gouvernance d’une entreprise plus grande : les instances d’un groupe de mille personnes sont inadaptées et coûteuses à cette échelle.
  • Conserver un comité de direction où siègent toutes les personnes de confiance historiques : c’est un sujet difficile, et le repousser le rend plus difficile encore.

Auteur

Claire Vasseur

Associée fondatrice du Cabinet Nova. Vingt-deux ans de conseil en organisation, dont huit en direction générale d'une ETI industrielle. Elle intervient principalement sur les transformations structurelles et l'accompagnement des comités de direction.

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