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L’entretien annuel : comment le rendre enfin utile
Managers et collaborateurs le subissent avec la même résignation. Pourtant l'exercice n'est pas condamné : il est simplement chargé de trop de fonctions contradictoires.
Peu de dispositifs RH suscitent autant d’unanimité négative que l’entretien annuel. Les collaborateurs le trouvent formel, les managers chronophage, les RH mal rempli.
Le diagnostic que nous posons est différent de celui qu’on entend habituellement : l’entretien annuel ne souffre pas d’un défaut de méthode, mais d’une accumulation de fonctions incompatibles.
Quatre conversations dans un seul rendez-vous
Dans la plupart des organisations, l’entretien annuel doit simultanément :
- évaluer la performance passée ;
- déterminer une part variable ou une augmentation ;
- identifier des besoins de formation ;
- discuter des souhaits d’évolution.
Ces quatre conversations n’ont ni les mêmes enjeux, ni les mêmes conditions de sincérité.
Demander à quelqu’un d’exposer ses difficultés dans le même entretien qui déterminera sa rémunération, c’est lui demander d’agir contre son intérêt. Personne ne le fait, et l’on s’étonne ensuite que les entretiens soient convenus.
Ce que nous recommandons
Séparer la rémunération
C’est la modification la plus efficace, et la plus difficile à faire accepter. Traiter la rémunération dans un rendez-vous distinct, à un autre moment de l’année, libère l’entretien professionnel.
Les organisations qui l’ont fait constatent un changement immédiat de la teneur des échanges.
Réduire le formulaire
Un support d’entretien de huit pages garantit que ni le manager ni le collaborateur ne l’aura préparé. Deux pages suffisent, à condition qu’elles portent sur des situations concrètes et non sur des compétences abstraites.
Renoncer à l'annualité stricte
Un point trimestriel de trente minutes produit plus d’effets qu’un entretien annuel de deux heures. Il permet de corriger en cours d’année, ce qui est l’objet même de l’exercice.
Une objection fréquente
« Nos managers n’ont pas le temps. » C’est exact, et c’est un vrai sujet — mais il ne se règle pas en maintenant un dispositif que personne n’investit.
Si le temps manque, la bonne décision est de réduire le format, pas de conserver un rituel dont chacun sait qu’il ne sert à rien.
Auteur
Aïcha Benali
Directrice associée en charge des missions ressources humaines. Spécialiste de la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences, elle accompagne les organisations dans leurs projets de réorganisation.
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