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Télétravail hybride : trois ans après, quel bilan dans les organisations ?

Le débat s'est figé entre partisans et opposants. Ce que nous observons en mission est plus nuancé : ce n'est pas le télétravail qui pose problème, c'est le flou sur les règles.

Coin de télétravail soigné dans un appartement lumineux
Coin de télétravail soigné dans un appartement lumineux

La question « faut-il télétravailler ? » n’a plus grand intérêt. Elle est tranchée dans les faits, par les usages et par le marché du travail.

La question utile est ailleurs : dans quelles conditions le travail hybride tient-il dans la durée ?

Ce que nous constatons

Le flou coûte plus que la règle

Les organisations où le sujet crée des tensions ne sont presque jamais celles qui ont fixé une règle stricte. Ce sont celles qui n’en ont pas fixé du tout, ou qui l’ont laissée à l’appréciation de chaque manager.

Deux équipes voisines avec deux régimes différents produisent inévitablement un sentiment d’injustice — et un travail considérable pour les RH.

Les réunions hybrides sont le vrai point dur

Une réunion où six personnes sont en salle et trois à distance ne fonctionne pas, quel que soit le matériel. Les trois personnes à distance décrochent en vingt minutes.

Les organisations qui s’en sortent ont tranché : soit tout le monde en salle, soit tout le monde à distance, chacun devant son écran. Cette règle simple change plus de choses que n’importe quel investissement en visioconférence.

L'intégration des nouveaux arrivants est le point de rupture

C’est là que le modèle hybride montre ses limites les plus nettes. Ce qu’un nouvel arrivant apprend en écoutant les conversations de son voisin ne se transmet par aucun processus formalisé.

Les organisations qui ont réussi ont accepté un régime différencié : présence renforcée les premiers mois, puis alignement sur le régime commun.

Ce qui n'a pas été observé

Nous n’avons pas constaté, dans nos missions, de baisse de productivité attribuable au télétravail. Nous avons en revanche constaté des difficultés de coordination, qui sont un problème différent et qui se traitent différemment.

Confondre les deux conduit à des décisions inefficaces : imposer un retour au bureau ne résout pas un problème de coordination, il le rend seulement moins visible.

Une recommandation

Écrire la règle, l’appliquer uniformément, et prévoir explicitement les exceptions plutôt que de les laisser se négocier au cas par cas.

C’est moins souple, et c’est nettement plus tenable.

Auteur

Julien Marchand

Associé, responsable des activités management et développement des compétences. Ancien directeur des ressources humaines dans le secteur de la santé, il conçoit et anime les parcours managériaux du cabinet.

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